Cruise Control, le troisième album de Benjamin Diamond, vient d'atterrir sur ma platine. La pochette est très belle. Signée
Guy Peellaert, le célèbre peintre et graphiste belge à qui l'on doit - entre autres - la pochette de Diamond Dogs (David Bowie, 1974),
elle impose un a priori plutôt positif avant même d'avoir appuyé sur la touche play. On pense évidemment à Nighthawks d'Edward Hopper et
à son remake, Boulevard of Broken Dreams, (Gottfried Helnwein) où Humphrey Bogart, Marilyn Monroe, James Dean et Elvis Presley ont
remplacé les personnages du tableau original. Ces icônes de la pop culture americaine des années 50 sont l'essence même du cool
dans notre imaginaire... Hé bien, aujourd'hui en France, fin des années 2000, Benjamin Diamond, c'est exactement ça... Il incarne
à merveille ce côté cool et Cruise Control ne me démentira pas.
L'album trouve un juste équilibre dans l'alternance de titres pop aux influences anglo-saxonnes (Beatles, Bowie, Joy Division,
The Smiths, Marc Almond) et de morceaux electro dansants, taillés pour les clubs, témoins du rôle majeur que
Benjamin Diamond a joué dans la french touch. Illustration d'entrée de jeu... On démarre avec deux titres au
format pop, le langoureusement sucré "1000 Lives" et le sautillant "Still", puis, Benjamin Diamond lâche sa première bombe dance, le génial
"Baby's on Fire", véritable hymne disco et l'un des meilleurs morceaux de Cruise Control. "The Letter", atmosphérique
et planant, et "The Other Side", aux sonorités psychédéliques et sous haute influence Beatles, constituent deux autres sommets
de l'album. Benjamin Diamond nous prouve ainsi, en trois petits titres seulement, qu'il n'est pas qu'un artisan doué de l'electro
mais qu'il maîtrise aussi les canons de la pop... Chapeau !
Après "This Is It", ritournelle electro pop dans une veine toute Air, l'album se referme sur le très beau "Miss U", superbe
déclaration d'amour qui commence par une intro dépouillée lorgnant du côté de Lennon avant de monter en puissance pour finir
en un rock teinté de glam. Excellent !
Ultime précision, si Benjamin Diamond a écrit, composé et arrangé les onze plages de l'album, il ne s'est pas
occupé de sa réalisation. Réservant ses talents de producteur aux autres (HushPuppies, Nelson, Octet...), il a confié Cruise Control
à Paul Kendall (producteur du premier Goldfrapp, mixeur de Depeche Mode).