Glasvegas ou comment allier deux côtés en apparence inconciliables : le clinquant et la démesure de Las
Vegas d'une part et les difficultés de Glasgow, ville d'Ecosse en proie au chômage et à la délinquance, d'autre part.
Le groupe Glasvegas a choisi de s'y coller...
Le côté lumière est incarné par la voix volontiers emphatique de James Allan tandis que le côté sombre
s'illustre dans les textes du groupe. Derrière ce patronyme de Glasvegas se cachent donc quatre Ecossais (trois garçons et
une fille) venus de Glasgow, ville qui a finalement
engendré bon nombre de groupes qui sont devenus célèbres et parmi lesquels, Belle and Sebastian, Mogwai, Franz Ferdinand ou
encore The Jesus & Mary Chain, combo qui, comme on le sait, fut découvert et managé par Alan McGee. Ce même Alan McGee,
devenu depuis véritable magnat du monde rock en ayant signé Oasis sur son label Creation Records, est l'homme qu'il faut
chercher derrière l'ascension fulgurante de Glasvegas outre Manche. La boucle est bouclée...
Si Glasvegas n'est certes pas le meilleur nouveau groupe de rock du monde comme l'ont claironné certains
magazines anglais (mais on commence à avoir l'habitude de ces pratiques), il serait tout aussi injuste de le jeter trop
rapidement aux orties. Si d'aucuns ont jugé Glasvegas, premier album du groupe, ennuyeux, pompier et emphatique,
c'est trop vite oublier que Morrissey en son temps a abusé jusqu'au ridicule d'un chant emphatique au possible et qu'il
est adulé aujourd'hui, que nombre de groupes, et pas des moindres (des noms ? U2, Coldplay, Muse, Keane par exemple), font
volontiers dans le pompier et que tout le monde en redemande si l'on juge en terme de ventes d'albums... Ne reprochons donc
pas à Glasvegas ce que l'on apprécie chez ceux qui ont passé l'épreuve du temps !
Ce que l'on aime chez Glasvegas, c'est ce côté lyrique et poétique qui éclôt d'un quotidien
maussade et blafard. Comme dans ces films anglais, Billy Elliot (Stephen Daldry) ou Les Virtuoses (Mark Herman),
où la vie misérable de cités minières peut être transfigurée par la danse ou la musique. Si les mélodies ne sont pas toutes
révolutionnaires (bien qu'assez accrocheuses) et que le manque d'expérience du groupe conduit à des compositions souvent
basées sur une même structure, sa sincérité, ses textes sombres et réalistes, sa fragilité derrière des airs bravaches, son
rock épique et son romantisme assumé font de Glasvegas un groupe attachant qui mérite que l'on s'y attarde...
Si vous ne deviez écouter que quelques titres, arrêtez-vous sur l'excellent "It’s My Own Cheating Heart That Makes Me Cry",
le poignant "Stabbed", le chouette "Flowers & Football Tops" ou le single "Geraldine", sans doute les meilleurs ambassadeurs
de l'album.